La campagne de Surveillance Sécuritaire à base Communautaire lancée par la DYEFGOU, en quoi consiste-t-elle ?

La campagne de Surveillance Sécuritaire à base Communautaire lancée par la DYEFGOU, en quoi consiste-t-elle ?

La Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance (DYFEGOU) a lancé à Butembo une vaste campagne de mobilisation communauté dénommée SURSECO, Surveillance Sécuritaire à Base Communautaire. Cette campagne est une réponse aux multiples appels des autorités demandant à la population d’avoir confiance en l’armée et surtout de collaborer avec elle en lui apportant des informations nécessaires. Cette campagne lancée mercredi 23 juin vise à amener la population à accompagner les mesures exceptionnelles mises en place par le Président de la République en vue de mettre fin à la criminalité à Beni.

Les cérémonies de lancement de cette campagne ont été organisées dans la salle Flambeau de la Cathédrale. La DYFEGOU a organisé pour cette fin une activité de communication avec ses groupes de base constitués des jeunes filles et garçons, des hommes et des femmes leaders, membres d’autres groupes associatifs et sociaux disséminés à travers la ville de Butembo. Pour respecter les restrictions liées à la lutte contre la COVID-19, ces jeunes, estimés à 150 ont été scindés dans des groupes de 20 pour être briefés sur la Campagne SURSECO.

Rose KAHAMBU TUOMBEANE, Coordonnatrice de la DYFEGOU a expliqué que cette action de grande envergure est une suite logique de la mission de plaidoyer que cette organisation a menée en avril et mai 2021 dans la capitale congolaise, auprès des instances de prise des décisions et parties prenantes dans la solution à la crise sécuritaire en cours dans la région de Beni.

« Nous venons de loin dans cette lutte. Les fruits de nos actions sont bien palpables. Mais, la DYFEGOU n’abandonnera pas aussi longtemps que la paix ne sera pas revenue à Beni.  Nous avons demandé aux autorités de nettoyer l’armée en y enlevant les infiltrés et les traitres. Les autorités ont dit à la population que cela est en train d’être fait. Mais est-ce qu’il n’y a pas aussi des complices de l’ennemi dans nos communautés ? Il faut que l’on les détecte et qu’on les dénonce. C’est d’ailleurs le slogan de notre campagne, a expliqué Rose Tuombeane devant la presse.

Cette campagne vise, à en croire Rose TUOMEANE, à garder la communauté éveillée et vigilante vis-à-vis des personnes et mouvements suspects dans nos communautés, faire comprendre à la population la nécessité de dénoncer l’ennemi présent dans nos communautés et même dans nos familles pour l’intérêt de la population, faciliter les services de sécurité d’investiguer autour des personnes et mouvements suspects pour nettoyer nos communautés mais aussi mettre à la portée de la communauté un mécanisme de dénonciation sécurisé.

D’où viendront les moyens ?

La DYFEGOU compte sur le bénévolat de la population. Elle croit que si tout le monde que sa sécurité, c’est lui-même d’abord et que la sécurité de son voisin, c’est lui-même, alors la vigilance et la dénonciation sont passibles.

« Toutes nos actions se font grâce aux contributions de nos membres. L’action de plaidoyer à Kinshasa a coûté beaucoup d’argent. La campagne de distribution des vivres et non-vivres en faveur des sinistrés des massacres, les veuves et les orphelins, avait mobilisé plusieurs biens et beaucoup d’argent. La DYFEGOU n’a pas tous ces moyens, mais nous misons sur la légitimité et la confiance que la population nous accorde. La population a toujours écouté nos appels à contribution et donc tout ce que nous faisons c’est grâce aux contributions des habitants », précise Rose TUOMBEANE.

Les participants à la séance de lancement de la campagne SURSECO (Surveillance Sécuritaire à Base Communautaire) ont à cette occasion été capacités sur certains aspects techniques à observer scrupuleusement dans la détection et la dénonciation des suspects et leurs collaborateurs dans les communautés. Cela permettra d’éviter les dérapages tels que les dénonciations calomnieuses, les cas de justice populaire et la violation de la loi.

« Nous avons appris beaucoup de chose, notamment le profil d’un ennemi, le portrait d’un infiltré, d’un traitre, d’un collaborateur de l’ennemi. On nous a dit que nous ne sommes pas des agents de sécurité, que nous sommes des civiles et que toutes nos actions doivent se faire autour des chefs de base, à savoir les chefs de dix maisons et des cellules. Nous alerterons la DYFEGOU à travers le numéro de téléphone qu’on nous a communiqué et elle partagera les éléments avec les autorités policières et militaires et autres pour que l’action soit prise dans l’immédiat. Nous savons où commence et où s’arrête notre contribution pour éviter d’entrer dans les compétences des services de sécurité », a restitué devant la presse Zéphirin Kakule, un des participants à cette activité. A un autre participant d’ajouter : « On nous a dit que les dénonciations que nous ferons doivent être soutenues par des éléments de précisions et de preuves, notamment l’identité de la personne, elle agit à partir d’où? Comment ? Avec qui ? Qu’est-ce qui fait de lui un suspect ?

Ces jeunes membres des groupes de base encadrés par la DYFEGOU vont ensuite sensibiliser dans leurs communautés respectives afin que toute la population reste éveillée et comprenne le bien-fondé de cette campagne. Les cibles de cette sensibilisation sont entre autres les jeunes, les femmes, les taximen et les chauffeurs, les vendeuses des boissons alcoolisées, les tenanciers des maisons de passage et hôtels et les membres des familles

Cette même campagne sera lancée à Beni et Lubero pour que tout le grand Nord-Kivu s’approprie la campagne SURSECO.

CELLCOM/DYFEGOU

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