Paix à l’Est de la RDC : La DYFEGOU satisfaite de sa mission de plaidoyer à Kinshasa (Point de presse)

Paix à l’Est de la RDC : La DYFEGOU satisfaite de sa mission de plaidoyer à Kinshasa (Point de presse)

La Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance, DYFEGOU, a été devant la presse de Kinshasa ce vendredi 28 mai 2021 pour communiquer au sujet de sa mission de plaidoyer amorcée le 6 avril. Au cours de ce point de presse qui a été tenu dans les installations de l’ONG Afia Mama, la DYFEGOU se dit « satisfaite de l’atteinte des objectifs fixés pour cette mission ».

LA DYFEGOUS a par ailleurs formulé des recommandations aux décideurs afin d’éviter des erreurs dans la mise en place d’autres actions sécuritaires pour accompagner la mise en œuvre des mesures spéciales arrêtées par le Président de la République en vue de la restauration d’une paix durable à l’Est.

Voici l’intégralité du texte lu par Rose Kahambu Tuombeane, Coordonnatrice de la DYFEGOU et cheffe de la délégation à Kinshasa.

DYFEGOU

POINT DE PRESSE DU 28 MAI 2021

A KINSHASA

La Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance et toute la délégation à laquelle étaient associés les survivants des massacres ainsi que des étudiants de Beni et environs voudrait profiter de vos micros, vos plumes et vos caméras pour donner cette communication.

D’entrée de jeu, c’est sous un chagrin total et une émotion incommensurable que nous nous adressons aux compatriotes de tout le pays et particulièrement à ceux de chez nous, à l’Est. Tout le monde sait bien que la province du Nord-Kivu fait maintenant face à deux problèmes majeurs. Il s’agit notamment de cette menace du volcan de Nyiragongo, qui est en train de compliquer la situation socio-humanitaire des populations, obligées d’être évacuées, d’autres ayant perdu des biens importants ainsi que des membres des familles. Le deuxième problème est celui de l’insécurité à Beni. Les compatriotes, comme on en a  compté une dizaine, puis une trentaine, dernièrement, continuent d’être tués par les rebelles de l’ADF. Nous manquons de mots pour le dire.

Mesdames et messieurs de la presse ;

On enregistre aujourd’hui beaucoup d’actions de solidarité et de bonne volonté envers les concitoyens de Goma, dans ce malheur qui les frappe. C’est une chose à encourager. Cependant, il y a à dire que jusque là  l’Etat ne sait pas prendre les choses en mains comme il se doit. Quelques exemples peuvent le prouver :

  • La décision d’évacuer la population de Goma vers les autres milieux moins à risque a été prise sans que des mesures d’encadrement l’accompagnent. Comment, c’est au Rwanda que les citoyens congolais sont mieux accueillis, hébergés et traités que sur leur propre territoire ? Il y a des enfants, filles et femmes, vieux et viellards qui sont abandonnés à eux-mêmes, obligés de  marcher plusieurs kilomètres à pieds et passer la nuit à la belle étoile ? Cette situation ridiculise le pays et peint une mauvaise image auprès des nations voisines.
  • La gestion calamiteuse de l’observatoire volcanologique de Goma qui conduit aujourd’hui à cette exposition de la population au danger alors que cela serait évité en amont. D’autres questions qui vont de pair avec la survie des milliers des compatriotes sont traitées avec beaucoup de légèreté et souvent, c’est quand les choses pêtent que les autorités essaient de se justifier.

Nous nous joignons aux voix qui s’élèvent pour condamner le phénomène des agents fictifs qui sont nombreux au sein de l’OVG, à en croire plusieurs enquêtes indépendantes. Les fonds mis à la disposition de l’OVG, s’ils étaient utilisés uniquement pour les missions révolues à ce service très primordial, n’auraient pas pu s’épuiser avant et causer l’arrêt du fonctionnement normal. Ce qui se passe à Goma aujourd’hui aurait pu être évité si les considérations politiciennes et l’avidité ainsi que le détournement et la megestion ne s’y étaient pas invités.

Malheureusement, dans cette situation, la population est plongée dans des manipulations politiciennes pour tomber dans des querelles inutiles et des divisions sans importances alors que c’est le temps pour nous tous de nous mobiliser afin de sauver ce qui peut encore être sauvé. Ce n’est pas le temps de céder aux mauvaises langues, bien qu’il faille critiquer ce qui doit l’être.

Mesdames et messieurs de la presse ;

La délégation de la Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance voudrait dire à la nation congolaise et particulièrement celle du Nord-Kivu qu’elle a atteint ses objectifs fixés dans cette importante mission de plaidoyer auprès des instances de prise des décisions tant nationales qu’internationales.

Avec le concours de tout le monde, on peut se réjouir aujourd’hui que la nation s’est enfin mobilisée pour que prennent fin les massacres de Beni et de, manière générale, l’insécurité au Nord-Kivu et dans l’Ituri. Le chef de l’Etat, avec l’appui d’autres services de l’appareil judiciaire, a pris des mesures urgentes, courageuses et exceptionnelles pour ramener la paix à Beni. La population de l’Est s’est réjouie de ces mesures exceptionnelles qui prouvent que le Chef de l’Etat ne ménage plus aucun effort pour nous ramener la paix, la paix durable. Nous avons fois que le rêve sera une réalité.

Chers compatriotes, le Président de la République, que nous continuons de remercier de nous avoir  reçus et écouté suffisamment, prouve qu’il a prêté toute son attention à nos recommandations et requêtes relatives au retour de la paix à Beni. Cet arsenal de mesures sécuritaires urgentes rime très bien avec ce que les veufs, veuves, orphelins, étudiants et autres victimes des massacres de Beni nous ont demandé de dire au Président de la République. Et nous l’avons fait sans intermédiaires. Soyez rassurés qu’il en est bel et bien au courant.

Mesdames et messieurs de la presse ;

Il y a certaines de nos recommandations qui n’ont pas encore été mises en application, mais nous avons confiance qu’elles le seront afin que la paix en cours de restauration au Nord-Kivu soit durable.

C’est ici l’occasion pour la DYFEGOU  et ses partenaires à l’action de plaidoyer d’attirer l’attention des dirigeants et décideurs  sur certaines erreurs du passé qu’il faudra à tout prix éviter dans le futur.

 A part le fait de ne pas agir en amont pour éviter le pire susceptible de porter atteinte à la survie des milliers des congolais, des missions hautement stratégiques sont confiées à des personnes qui y voient plus leurs intérêts politiques et intérêts personnels que les résultats au bénéfice de la nation. Nous ne voudrions que les opérations de désarmement, démobilisation et réinsertion communautaire des membres des groupes armés soient gérées   dans le seul but d’atteindre les objectifs qui est le retour de la paix. Ce plan est parmi les opérations les plus stratégiques mais dont on n’a jamais palpé des doits ou presque, les résultats depuis  que l’Est de la RDC est en insécurité.  

Nous avons   connu ce programme dans le passé, mais les individus sont plus bénéficiaires que la communauté. En faisant un regard dans le passé, l’histoire nous renseigne que les fonds mis à la disposition de ce programme DDR ont souvent servi beaucoup plus à la prise en charge des salaires et autres avantages sociaux des agents qui sont, par ailleurs toute une pléthore. C’est l’une des causes majeures des échecs répétitifs de ce programme, pourtant vital pour la sécurité à l’Est. Faut-il vraiment créer de la pléthore ou même des agents fictifs juste pour trouver de l’emploi pour des militants politiques et mettre de côté l’intérêt général de la nation ? La réponse est claire et ceci doit interpeler les décideurs.   

Mesdames et messieurs de la presse,

Notre mission de plaidoyers ayant été terminée ici à Kinshasa avec succès, la délégation va devoir regagner la province. D’ici la semaine prochaine, nous rentrons nous joindre à nos compatriotes de Goma qui se déplacent pour Butembo et Masisi. Ils ont besoin de notre soutien psycho-affectif et matériel.

N’eût été la catastrophe de Goma, on serait venu avec le Président de la République jusqu’en province tel qu’il avait déjà programmé d’arriver d’abord à Goma. Cependant, comme il doit suivre de près cette problématique aussi urgente que celle des massacres de Beni, nous allons le précéder et l’attendre chez nous, car il nous a garanti qu’il y tient.

Nous allons continuer notre lutte en mobilisant la population à accompagner et s’approprier les mesures sécuritaires par le Président jusqu’à ce que la paix revienne totalement à l’Est.

Kinshasa, le 28 mai 2021,

Au nom de toute la délégation,

Rose Kahambu Tuombeane,

Coordonnatrice de la DYFEGOU  et cheffe de la délégation

Cellule de Communication DYFEGOU

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